HISTORIQUE

Au Xe siècle, la Bretagne était envahie par un ennemi : les Normands. Leur chef, du nom de Bernard, prit possession d'une roche granitique située à l'embouchure de la Vilaine. C'est ainsi que naquit La Roche-Bernard.

Un notable breton revint d'Angleterre pour chasser les Normands. Le seigneur de La Roche-Bernard reconnut la suzeraineté de celui-ci et obtint, entre autres, le territoire de la Grande Brière.

L'un de ses lieutenants fonda le fief des Marais dont notre secteur géographique faisait partie.

Nous dépendions de la Baronnerie de La Roche-Bernard jusqu'à la Révolution. En 1039, les communes n'existant pas, c'était les paroisses qui géraient.

Elles étaient divisées en Frairies. La nôtre, qui faisait partie de la paroisse de Missillac, s'appelait 'la Frairie des Marais". Son chef pourvoyait à l'érection des croix, aux réparations des puits, des fours, des pressoirs appartenant aux villages et à l'entretien des routes. En 1641, le Parlement de Bretagne autorisa "la Frairie des Marais" à s'imposer d'une certaine somme afin de terminer la construction d'une chapelle. Elle fut bâtie à l'emplacement de l'actuelle église au lieu appelé "le petit hameau de la Perrière".

Un certain nombre de commerçants s'installèrent et fondèrent le bourg que nous connaissons aujourd'hui.

Pour des raisons liées à la pratique religieuse, des démarches furent effectuées vers Monseigneur l'Evêque de Nantes afin d'obtenir l'autorisation de fonder une paroisse indépendante de celle de Missillac. Après bien des discussions liées surtout à des problèmes financiers, un accord intervenait le 10 juin 1771. La paroisse s'appela "LA CHAPELLE-DES-MARAIS". Elle se divisera en trois frairies : la frairie du Bourg, la frairie de Mayun, la frairie de Camer, Camerun et Québitre.

Sous la houlette de ses curés, la GÉNÉRALITE des paroissiens qui remplissait le rôle de notre actuel Conseil Municipal concentrait entre ses mains l'administration religieuse, civile et fiscale. Ce corps social était composé de douze notables (les plus imposés) ainsi que des marguilliers en charge.

Ils choisissaient en leur sein les répartiteurs d'impôts et le comptable du bureau de charité appelé gentiment "le Père des Pauvres". La Généralité se réunissait cinq à six fois par an à la sacristie, à l'appel de la cloche. Toute absence non motivée était sanctionnée par une amende versée au profit des pauvres.

Le 5 mars 1789, le Tiers État de La Chapelle des Marais, se réunit pour écrire le Cahier des Doléances.

Le curé signe ce cahier

Le 15 janvier 1790, la Constituante projeta d'effacer les vieilles divisions historiques de la France. Les provinces et les paroisses furent remplacées par les départements et les communes.

Le premier maire de La Chapelle des Marais fut Pierre Thoby de Québitre.

À la fin de 1794, chouannerie, suppression des ordres religieux et des noms de Saints La Chapelle des Marais" fut transformée en Réunion des Marais". Avec la signature du Concordat en 1802, la guerre civile se termina et notre commune reprit son nom.

Au début de ce siècle, elle était composée du Bourg, de petits villages et de deux grands : Camer, Camérun et Mayun.

Aujourd'hui, les habitants ne cultivant plus les terres pour en vivre, les Plans d'Occupation des Sols ont permis d'étendre les zones constructibles. Ceci a pour effet une nouvelle concentration des habitations réparties sur le Bourg, Mayun et les petits villages.

Camer / Camérun et Québitre, qui sont entourés de marais, conserveront leur dénomination première "les îles".

 

Les armoiries de notre commune.

1 - A quoi servent-elles ?

Elles servent à identifier notre commune, à reconnaître son portrait ainsi que l'image des hommes. Un blason est un insigne honorable et un signe d'indépendance. Il permet à une commune de vivre dignement.

 

2 - Que signifient-elles ?

La Chapelle des Marais n'a pas toujours été indépendante. Le jour où elle l'a été, elle s'est retrouvée divisée en trois frairies :

- La frairie du Bourg (le Bourg, Penlys et les petits villages du Nord) ;

- La frairie de Mayun ;

- La frairie des Marais (Camer/Camérun - Québitre).

C'est pour cette raison que le champ de l'Ecu est divisé en trois. Les hommes désireux de servir leur commune se trouvent ainsi rassemblés.

Ces trois frairies apportent chacune un élément bien distinct :

- Celle du bourg, le travail du sabotier (symbole un sabot) ;

- Celle de Mayun, le travail du vannier (symbole un panier) ;

- Celle des Marais, le salais qui servait à couper la tourbe.

Au centre, se trouve un écusson avec une tête de boeuf. Pourquoi?

Parce que La Chapelle des Marais a été pendant très longtemps le lieu de rassemblement des bovins de toute la presqu'île Guérandaise et des cantons de Saint Gildas des Bois et Pont-Château, voire même du Morbihan.

La protection de Saint Corneille, patron des bêtes à cornes, était implorée pour que les troupeaux soient épargnés de toutes maladies.

 

 

Les couleurs de l'Ecu :

-Jaune pour la richesse de la Brière (tourbe, roseaux, pêche, etc.) ;

- Noir (salais) pour la terre ;

- Rouge pour le désir de s'en servir ;

- Vert pour la liberté et la beauté.

 

 

Les couleurs de l'écusson :

- Fond blanc pour la Brière qui est blanche (brume) ;

- Bœuf tête noire car il se nourrit grâce à la terre.

 

 

3 - Énoncé du blason

Tiercé en pairle au un d'or au salais de sable posé en pal, au deux de gueule au panier tressé d'or posé en pointe, au trois de sinople au sabot d'or posé en poin-te, chargé d'un écusson d'argent à la rencontre du sable".

 

4 - Extérieur du blason

En pointe se trouve un chaland pour aller à la rencontre de la Brière. Sur les flancs, des typhas qui font partie des plantes que l'on trouve en Brière.

 

Sur la partie supérieure, deux bannières d'Hermines pour rappeler le rattache-ment à la Bretagne. On se rappelle que c'est François Il, duc de Bretagne, qui, par sa fameuse ordonnance, faisait de la Brière la propriété collective des Briérons.

 

Trois siècles plus tard, cette disposition sera confirmée par Louis XVI. Il y a aussi le fait que les bœufs portaient, entre leurs cornes, des petites oriflammes lors des défilés de la Saint Corneille.

 

 

5 - Énoncé de l'extérieur du Blason

Posé sur un chaland et soutenu à dextre et senestre par quatre typhas au naturel et élevées et croisées en chef deux bannières parsemées d'hermines".

 

Une consultation de la population est organisée pour le choix de la devise de notre blason. Le souhait émis majoritairement est le suivant : " D'hommes et de marais entre sables et forêts ". Ce choix a été entériné par le Conseil Municipal du 21 janvier 1991.